Gouverner, c’est choisir un avenir…

Dette publique –

La dette de l’État est la notre, collectivement, puisque nous sommes l’État. Notre génération, aux commandes (directement ou indirectement) depuis trente ans, est responsable de ce qu’elle laisse à la génération suivante. En l’occurence, la lapalissade est bien triste, tant le bilan est négatif à force de déficits cumulés.


Un gouvernement est-il crédible quand il continue de creuser la dette (on emprunte toujours sur les marchés pour financer nos déficits), tout en prétendant agir pour la jeunesse, l’avenir du pays, les générations futures ? Non, évidemment pas !

Ni vis-à-vis de cette jeunesse qui “hérite” d’un si lourd fardeau avant même d’avoir pû prendre pied dans la société, et n’a que très peu de chance de connaitre le confort de ses aïeux (elle devra finir de payer notre confort avant de pouvoir investir dans un nouveau modèle).
Ni vis-à-vis des prêteurs potentiels qui, ne pratiquant pas la philanthropie, font payer au prix fort les dettes les plus moins soutenables. Ils ne devraient d’ailleurs plus tarder à réaliser que la France vit au dessus de ses moyens, d’autant plus qu’elle remet toujours à plus tard (aux prochaines générations) les réformes de structure qui s’imposeraient partout ailleurs.

Alors, en admettant que nous ayons été gouvernés durant toute la période d’explosion de la dette publique, quel avenir nos gouvernants successifs avaient-ils choisi pour nous ?

À tout le moins, on est en droit de douter de leur capacité à se projeter au-delà d’une échéance électorale… Mais, nous-mêmes, comment avons-nous pû manquer à ce point à notre devoir de vigilance ?

 

Vision à long terme

Ayant tant de fois cédés à la démagogie, nous ne pouvons que nous en prendre à nous-mêmes. Nous sommes là où nous avons bien voulu qu’on nous emmène, comme nous avons les dirigeants que nous méritons. La démagogie est tellement plus facile d’accès que la pédagogie. Cela arrangait tout le monde, nous y compris, de se réfugier dans une forme de déni pour échapper aux efforts qu’au contraire un minimum de réalisme commandait.

Pour qu’il en soit autrement, il aurait fallu qu’une majorité de citoyens fasse l’effort d’imaginer un avenir plus lointain, dépassant les limites de notre seule génération. Cette vision de plus long terme aurait alors, nécessairement, été portés par des candidats aux fonctions d’élus. En effet, je suis convaincu qu’en démocratie le politique ne précède pas la demande du peuple mais ne fait qu’y répondre.

Alors, ce dont nous n’avons pas été capables hier, le réussirons-nous demain ? A mon avis, le meilleur moyen d’y accéder serait de considérer que notre bonheur passe inévitablement par celui de nos enfants, à l’échelle d’une double-vie. Pour les plus pragmatiques, c’est juste du bon sens. Pour beaucoup, c’est contraignant, alors que la vie moderne nous invite davantage à l’insouciance qu’à la responsabilité.

 

Engagement durable

Penser un avenir, pour soi-même, sa commauté, sa descendance aussi, puis tout mettre en oeuvre pour le réaliser dans les meilleures conditions, voilà bien l’état d’esprit qui devrait guider les décisions nous engageant collectivement.

Comme les arbres ne montent pas au ciel, il est de plus en plus indécent de reporter sur les générations futures les conséquences de notre cher confort ! Notre modèle n’est plus soutenable, c’est sans doute difficile à admettre, mais, puisque mieux vaut tard que jamais, nous pouvons encore nous sauver en adoptant enfin une attitude responsable, dans la durée…

 

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