Le consommateur et le citoyen

Depuis plusieurs décennies, le citoyen français de base s’est fait réduire à la portion de “consommateur”, sans même qu’il s’en aperçoive. D’ailleurs cela ne le dérange pas outre mesure, puisqu’on l’assure de tout mettre en oeuvre pour améliorer son pouvoir d’achat.

 

Après tout, de tous les pouvoirs, ce dernier n’est pas le moindre, et puis il nous met en piste pour une course sans fin, car, la nature humaine est ainsi faite : plus on en a, plus on en veut…

 

Désormais, toutes les promesses des politiciens tournent autour de ce pouvoir d’achat, tous les débats aussi puisque nous le voulons bien. L’esprit citoyen s’est effacé face au dogme de la consommation de masse. Dans ce grand élan consumériste, la grande distribution a joué un rôle amplificateur en offrant un levier facile à manœuvrer pour une classe politique s’illustrant davantage par son impuissance.

Elle a trouvé là un moyen de nous asservir, tout en redorant son blason, car, enfin, elle pouvait afficher des résultats incontestables ! Et, si par malheur elle ne parvenait pas à ses fins, elle avait alors beau jeu de clouer au pilori les méchants patrons de la grande distribution.

 

Le bilan, au terme de ces décennies…

La pression constante exercée pour obtenir des prix toujours plus bas a un effet bénéfique à court terme, puisqu’en effet le consommateur s’en trouve gagnant, son pouvoir d’achat est préservé, voire augmenté; Mais qu’en est-il à long terme ?

Pour produire toujours moins cher, il a fallu produire toujours plus loin de nos frontières, là où les règles sociales et environnementales étaient moins contraignantes. Alors, si on a gagné du pouvoir d’achat, on a en revanche perdu du pouvoir d’emploi !  Où sont aujourd’hui nos capacités de production ? Où sont donc nos emplois ?

 

Le consommateur peut se réveiller, et se retrouver à nouveau dans son rôle de citoyen, pour arrêter l’hémorragie avant qu’il ne soit trop tard : accepter de payer le prix d’un emploi relocalisé, stopper la désertification de nos territoires, repenser notre développement pour l’ensemble de nos concitoyens, sur plusieurs générations.
Est-ce que cela ne mérite pas qu’on y réfléchisse tous ensemble ?

 

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