Intérêt général / intérêts communo-corpo

Au fil du temps, j’ai bien été obligé de laisser derrière moi quelques illusions qui me bercaient jusqu’alors, comme par exemple celle du peuple souverain en démocratie. Depuis le jour où j’ai réalisé qu’il n’est véritablement “souverain” qu’au moment des élections, alors que les lobbies au contraire exercent leur pouvoir de manière constante et permanente, une question m’obsède : peut-on encore invoquer l’intérêt général comme but ultime de notre système politique ?

 

Somme des intérêts particuliers ?

Dans l’idéal, chaque citoyen ayant le même poids dans l’urne, s’il profite de chaque élection pour défendre ses propres intérêts, l’addition de tous ces suffrages exprimés devrait immanquablement dessiner les contours de l’intérêt général.
En pratique pourtant, on a plutôt l’impression de courir après un mirage, voir même de s’en éloigner sans cesse, au point de ne plus savoir à quoi cela pourrait bien ressembler…

 

Intérêts corporatistes et/ou communautaristes

Tout porte à croire que le fameux paradoxe d’Olson est à l’oeuvre : d’une part aucun objectif ne semble plus partagé par la communauté nationale dans son ensemble (personne n’en fait la lecture dans les différents résultats de votes), d’autre part ce sont des communautés plus étroites qui se font davantage entendre par les pouvoirs publics.
Ainsi, à mesure que l’on avance dans l’exercice démocratique, l’intérêt général se décompose jusqu’à n’être plus perceptible, alors que les intérêts corporatistes ou communautaristes prennent le dessus, d’autant que ces derniers s’appuient sur de puissants lobbies pour influencer les décisions des élus. Ces chers élus censés nous représenter, et qui préfèrent finalement donner satisfaction aux groupes de pressions court-circuitant la démocratie !

 

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