Citoyen piégé

Pour la première fois de ma vie, je me demande si le prochain scrutin électoral (en l’occurrence, celui des régionales) n’est pas un piège tendu aux citoyens. En tout cas, pour ce qui me concerne, je me sens bel et bien piégé.

Il me semble de plus en plus évident que le rapport coût/efficacité ne plaide pas en faveur de l’échelon régional dans notre millefeuille territorial. Dans le contexte actuel qui impose d’aller vers plus d’efficacité, pour un coût mieux maitrisé, je ne peux plus me résoudre à cautionner la gabegie existante.

Or, à l’occasion des prochaines régionales, que je m’abstienne, ou que je donne ma voix à l’une des listes candidates dans ma région, cela reviendra au même : à maintenir en place des instances d’administration et de pouvoir politique dont je conteste l’utilité, notament au regard de ce qu’elles nous apportent au quotidien par rapport à ce qu’elles nous coûtent.

Et l’État, fidèle à lui-même, s’est abstenu de demander au peuple souverain ce qu’il en pensait. Ajoutons que les élus n’ont pas vocation à scier la branche sur laquelle ils sont assis; dès lors, seule la voie référendaire permettrait de faire évoluer nos institutions… Mais le courage manque toujours au président français, depuis que ce dernier s’est imposé comme l’homme d’un camp (contre un autre), et non plus comme l’homme d’État capable de s’en remettre au suffrage populaire pour l’intérêt général.

N’ayant nulle envie de me laisser piégé, je vais participer au prochain scrutin, mais je déposerai dans l’urne le bulletin qui fait trembler tout l’appareil d’État : celui sur lequel j’aurai moi-même inscrit mon choix en faveur de la suppression de l’échelon régional dans l’administration et les instances représentatives de la nation.

Immanquablement, s’il restait isolé, ce vote passerait inaperçu, parmi tellement d’autres votes blancs ou nuls. Mais, qu’adviendrait-il si des millions de citoyens décidaient, d’un commun accord, de transformer ces élections en referendum ?.. Je vous propose donc de réfléchir tous ensemble à la formulation de la question référendaire qui pourrait changer la donne, faire en sorte que nous n’ayons plus à subir, mais juste à agir pour le bien commun !

 

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